Avec son premier EP Rompe El Ciclo, Malika La Bendita casse les codes

Avec son premier EP Rompe El Ciclo, Malika La Bendita casse les codes
Malika La Bendita

Dix ans dans le conseil en stratégie à Paris, puis un virage à 180 degrés pour se consacrer à la musique. Avec Rompe El Ciclo, son premier EP sorti le 23 octobre, Malika La Bendita transforme son changement de vie en manifeste pop, entre rythmes latinos et influences arabo-andalouses. Une artiste marocaine qui avance à son propre tempo.

Malika La Bendita avait tout pour cocher les bonnes cases. À 30 ans, elle occupait un poste de cadre dans un cabinet de conseil en stratégie à Paris. Sur le papier, le scénario idéal pour beaucoup. Sauf que cette vie rassurante ne lui ressemblait pas. Après dix ans en entreprise, elle décide de tout quitter pour se lancer dans la musique. Un choix audacieux, qui bouscule les attentes sociales et les injonctions faites aux femmes. « Pour beaucoup, cela semblait insensé : une femme marocaine qui quitte la voie toute tracée pour se lancer dans une carrière musicale à la trentaine. Sans être mariée et sans avoir d’enfants. On peut imaginer l’avalanche de jugements et de violences verbales auxquelles j’ai dû faire face », raconte-t-elle à Lifestyle Magazine.

Mais les réactions d’autres femmes ont donné une dimension inattendue à son parcours. Au-delà des critiques, elle a reçu des messages de Marocaines et de Marocains qui se reconnaissaient dans son histoire. « Elles se donnent enfin la permission de choisir ce qui est bon pour elles et de briser, à leur tour, leurs propres cycles de peur », explique-t-elle.

Aujourd’hui, elle en fait le fil rouge de Rompe El Ciclo, un premier EP de sept titres dont le titre donne le ton : briser le cycle, sortir du scénario écrit par les autres et reprendre la main sur sa propre histoire.

Du reggaeton, du kanoun et beaucoup de caractère

Côté son, Malika La Bendita ne choisit pas entre ses influences. Sa pop latine se mêle aux sonorités arabo-andalouses tandis que ses textes essentiellement en espagnol mélangent aussi darija et français. Côté sonorités, le bendir et le kanoun viennent se glisser dans des arrangements aux accents reggaeton. Le mélange est nourri par ses souvenirs musicaux et par cette proximité qu’elle ressent entre les cultures marocaine et latino-américaine.

La chanteuse cite volontiers Shakira, Ricky Martin et Daddy Yankee parmi les artistes qui ont marqué son adolescence. Des références qui éclairent son goût pour les mélodies accrocheuses et les rythmes qui donnent envie de bouger, mais qui cohabitent avec des sonorités plus mélancoliques, entre la saudade du fado portugais et l’intensité du flamenco espagnol.

Briser le cycle, sans perdre la lumière

Les sept morceaux de l’EP racontent les différentes étapes d’une émancipation, de la rupture à la reconstruction, jusqu’au retour à la joie. Derrière les rythmes solaires, il est question de relations qui épuisent, de choix difficiles et de la nécessité de s’écouter. Ayuda, notamment, occupe une place particulière dans le projet, la chanteuse ayant confié combien son enregistrement avait été chargé en émotion.

En racontant son propre changement de trajectoire, Malika La Bendita s’adresse aussi à celles qui hésitent à sortir d’une situation qui ne leur correspond plus. Quitter une carrière rassurante pour se lancer dans la musique à l’âge adulte n’a rien du parcours attendu. C’est précisément ce qui nourrit son propos.

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