Basma x Temir Alcy, onze titres entre darija et expérimentations sonores

Basma x Temir Alcy, onze titres entre darija et expérimentations sonores
Instagram @basma_temir.alcy

Chanteuse franco-marocaine, Basma vient de sortir un album avec le groupe parisien Temir Alcy. Onze titres de musique expérimentale, entre shoegaze et ambient, où la darija côtoie le français. Une artiste à découvrir pour celles et ceux qui aiment les propositions musicales un peu à part.

Si vous aimez découvrir des artistes qui explorent d’autres façons de faire de la musique, Basma mérite largement le détour. Cette chanteuse franco-marocaine qui fait plutôt dans l’underground vient de sortir un album, NAD, avec le groupe parisien Temir Alcy, sur le label belge Stroom. Une collaboration qui a aussi attiré l’attention de la presse britannique. Le quotidien The Guardian lui a consacré une critique, avec quatre étoiles sur cinq, et l’a sélectionné comme « album expérimental du mois ». Une reconnaissance qui donne un joli coup de projecteur à cet album singulier et à l’univers de Basma.

Basma x Temir Alcy, onze titres entre darija et expérimentations sonores

Regarder la vidéo

La darija au cœur de la musique

Au programme, onze titres à la croisée de la musique expérimentale, de l’ambient et du shoegaze. Des sons électroniques, des percussions, des voix hypnotiques et une atmosphère plutôt sombre. Amateurs de pop, passez votre chemin. Dès « Belati », le premier morceau, on comprend que l’album ne va pas se livrer en trois minutes. Les sons s’installent lentement, rythmés par la basse qui donne le tempo. Basma chante en français et en darija. Ses textes évoquent la lumière, le vent, les feux de bois avec poésie. Sur « Rised », sa voix se répète et se transforme au fil du morceau. « La Tourne » repose sur des phrases chantées presque comme des mantras. Et puis il y a « Al Atlal », où elle passe du chant à la parole, comme si elle racontait quelque chose à mi-voix.

L’album se joue aussi dans les détails. Un son d’oud se glisse dans « Khti Sarah », des enregistrements d’ambiance apparaissent dans « Aji M3aya » et les krakebs viennent bousculer « Cha3ouka ». Dans « Ana Jaya », le morceau le plus expérimental, il devient difficile de distinguer les instruments de la voix.

Une belle découverte, qu’on ne lance pas forcément pour mettre l’ambiance à la maison, mais qui mérite qu’on s’attarde sur cette fusion qui sort des sentiers battus.