Que valent vraiment nos pschitts d’eaux florales ?
L’eau de rose de Kelâat M’Gouna, le bleuet pour les yeux fatigués, etc. Depuis toujours, les eaux florales nous inspirent une confiance presque instinctive. Mais au-delà du souvenir de nos grands-mères et du plaisir de leur parfum, qu’apportent-elles vraiment à notre peau ?
Entre deux journées encore un peu trop chaudes, – oui même en novembre – l’envie d’un pschitt de fraîcheur se fait sentir. Et chez nous, l’eau de rose n’est jamais bien loin. Dans la salle de bains, elle accompagne nos gestes de beauté et se transmet de mère en fille, avec son parfum et les souvenirs qui vont avec. Bien avant qu’on les appelle face mists, ces eaux faisaient déjà partie de notre quotidien et elles continuent avec ce qu’elles ont de presque rassurant.
Un savoir ancien mais un geste toujours actuel
Ce qu’il est bon de rappeler avant même de parler d’hydrolat ou d’eau de rose c’est que le médecin et philosophe persan Ibn Sina, connu en Occident sous le nom d’Avicenne, est associé aux progrès de la distillation : il en est même le précurseur souligne l’historienne du parfum Elizabeth de Fedeau. Avant lui, au IXᵉ siècle, le savant Al-Kindi décrivait déjà celle de plusieurs fleurs, dont la rose. L’eau de rose a ensuite eu ses adeptes jusqu’aux cours anglaises d’Henri VIII et d’Élisabeth Iʳᵉ. Une jolie carrière pour quelques pétales et un alambic ! Aujourd’hui, rose, fleur d’oranger, bleuet et camomille se côtoient sur nos étagères, mais que savons-nous vraiment d’elles ? Une véritable eau florale est obtenue en distillant une fleur avec de l’eau ou de la vapeur d’eau. On parle aussi d’hydrolat, un terme plus large qui désigne également les eaux issues d’autres parties d’un végétal.

ce que la peau peut en attendre vraiment
Le premier bénéfice se sent tout de suite : une sensation de fraîcheur. Pour le reste, gardons la tête froide. Certaines eaux florales ont été étudiées en laboratoire pour leur potentiel antioxydant, mais cela ne suffit pas à affirmer qu’elles effacent les rides, les taches ou les boutons. Même notre chère eau de rose a ses limites. Elle peut donc trouver sa place dans une routine, pour le plaisir du geste ou avant une crème hydratante. Mais si la peau manque de confort, elle ne remplace pas un soin hydratant.

regardons nos flacons de plus près
Une rose sur l’étiquette ne signifie pas forcément qu’il y en ait dans le produit. Une brume peut simplement en avoir le parfum. Elle peut aussi contenir de l’eau florale et du parfum ajouté. Pour s’y retrouver, on regarde la liste des ingrédients. L’eau de rose de Damas y apparaît par exemple sous le nom Rosa Damascena Flower Water. Si c’est le seul ingrédient indiqué, il s’agit d’une eau de rose seule. Si d’autres suivent, elle entre dans une formule plus élaborée. La mention Parfum ou Fragrance, elle, indique qu’un parfum a été ajouté, sans préciser à elle seule s’il est naturel ou synthétique. Et donc… peaux sensibles, voici quelques mentions à vérifier à la loupe s’il le faut. Parce que la peau, elle, aura peut-être son mot à dire. Les composés naturellement parfumés des plantes peuvent provoquer une irritation. Si ça pique ou que des rougeurs apparaissent, on arrête. Et pour le contour des yeux, on choisit un produit dont l’usage est prévu pour cette zone u-n-i-q-u-e-m-e-n-t. Et… non, l’eau de fleur d’oranger qui parfume les cornes de gazelle n’est pas forcément destinée à finir sur notre visage. Dernière chose ? toujours vérifier l’usage indiqué de la formule, les conseils de conservation et, si l’odeur ou l’aspect du produit change après ouverture, on « zappe » complètement.

