« Tarz, Broder au Maroc, hier et aujourd’hui » : L’expo qui célèbre la talent des femmes à travers les âges
A Rabat, le musée national de la parure des Oudayas accueille depuis le 8 octobre 2026 l’exposition « Tarz, Broder au Maroc, hier et aujourd’hui ». On vous explique toutes les bonnes raisons de courir la découvrir.
Rendons à César ce qui appartient à César… C’est à Angoulême que cette exposition de toute beauté a vu le jour. Etonnant non ? Le rapport entre la capitale française de la bande dessinée et notre tarz national ? Aucun, si ce n’est que les collections exceptionnelles de broderies marocaines exposées au Musée d’Angoulême proviennent essentiellement du fonds Prosper Ricard, acquis en 1962 par le musée en question après son décès.
Si son nom rappellera à certains une certaine boisson anisée, l’homme en question est surtout connu pour son lien avec le Maroc où il est entré en 1915. Après avoir répondu à l’appel d’Hubert Lyautey, qui entend y mener une ambitieuse politique artisanale, Prosper Ricard s’impose comme inspecteur des arts indigènes à Fès.
Il y rassemble une collection d’objets anciens, qu’il fait recopier et adapter pour une clientèle occidentale au point de devenir une sommité de l’industrie artisanale adaptée à l’exportation dans le contexte colonial. C’est ainsi à lui qu’on doit notamment la promotion du tapis marocain.
Le retour à la terre natale
Est-ce qu’on était un peu jaloux de voir cette exposition monumentale consacrée à l’art ancestral de la broderie marocaine voir le jour à Angoulême ? Un chouiya, oui, ne nous voilons pas la face. Alors savoir que ces broderies ancestrales ont retrouvé leur terre natale depuis quelques jours, grâce à une collaboration établie avec notre Fondation nationale des Musées, ça nous fait quelque chose.
Car à travers ces bouts d’étoffes colorées et savamment brodées, se lit l’histoire de plusieurs villes et régions du Maroc à travers le temps. De Fès à Tétouan, de Rabat à Salé, de Meknès à Chefchaouen, jusqu’à Azemmour et ses célèbres dragons, ou encore le Tafilalt et l’Anti-Atlas… la créativité des femmes, leur geste sur tout en délicatesse, prend forme sur les parures de cérémonie, le linge de maison et autres pièces d’exception.
Une expo, et bien plus encore
Autre point fort de cette exposition qui dans sa version marocaine a été enrichie par des prêts exceptionnels consentis par de grandes institutions nationales et des collectionneurs privés, le dialogue qu’elle instaure entre pièces traditionnelles et créations contemporaines. Parmi ces dernières, des œuvres imaginées par l’artiste Fatima Lévèque et réalisées en collaboration avec deux ateliers marocains.
Une exposition chaudement recommandée pour se rendre compte de l’universalité de cet art traditionnel perpétué essentiellement par les femmes. Et pour la faire durer, direction les bonnes libraires pour faire main basse sur l’ouvrage « Tarz, broder au Maroc d’hier à aujourd’hui », de Rémi Labrusse, paru aux éditions Skira. Complémentaire de l’expo éponyme, cette lecture présente l’intérêt de nous faire voire les œuvres exposées sous leurs différentes facettes en croisant histoire de l’art, anthropologie et témoignages artistiques.
Exposition « Tarz, broder au Maroc d’hier à aujourd’hui ». Jusqu’au 31 janvier 2027 aux musée national de la parure. Les Oudayas. Rabat. Plus d’informations ici.
