« My rock stars » de Hassan Hajjaj, l’expo pop du moment à Paris
Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, le photographe, styliste et plasticien d'origine marocaine déploie son univers au Musée de la musique. Quarante ans de création, des portraits saturés de couleurs et un hommage vibrant aux musiques du monde.
Billie Eilish, Madonna, Rachid Taha, Lee Scratch Perry, Alicia Keys et Swizz Beatz… Chez Hassan Hajjaj, les icônes de la musique venues du monde entier prennent la pose, et quelle pose ! Pour chaque « Rock Star », tout est pensé, des lunettes aux chapeaux en passant par les chaussettes et les tenues sur mesure.
Si son ami Rachid Taha l’a surnommé « Andy Wahlou », clin d’œil à Andy Warhol et au mot tamazight walou, qui signifie « rien du tout », il ne pensait pas si bien dire. Le surnom lui va comme un gant tant son travail mêle l’art africain de la récupération et l’esprit pop du détournement des objets de consommation.
À la Philharmonie de Paris, l’exposition My Rock Stars réunit ce panthéon sonore personnel dans une ambiance joyeuse, où la liberté de création est reine. Pour prolonger l’expérience, le groupe Acid Arab signe une création électro inédite, où sonorités traditionnelles du monde arabe, basses électroniques et rythmes venus d’ailleurs s’entremêlent.
Au moment de faire une pause, direction le Café Jajjah qui s’installe dans la Rue musicale de la Cité de la musique, les mardis et pendant les week-ends des vacances scolaires. Imaginé par la Cantine Gamila, pionnière de la street food marocaine à Paris, et inspiré du café-boutique que l’artiste a ouvert à Marrakech, il propose thé à la menthe, café, pâtisseries marocaines et sandwichs végétariens ou vegans.
De Larache à
Londres, un parcours sans frontières
Hassan Hajjaj passe son enfance à Larache, au Maroc, avant de s’installer à Londres dans les années 1980. Il y grandit au rythme du reggae, du dub et du hip-hop, dans une ville en pleine effervescence multiculturelle. Cette culture du collage et du remix nourrit toute sa pratique. Autodidacte, il explore la mode, le design et la photographie avec une liberté totale. Comme les photographes maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta, il aime faire poser ses proches, parfois habillés de sa main, devant des décors éclatants. L’exposition dévoile aussi ses archives personnelles, pour raconter un itinéraire de diaspora où la musique tient lieu de langage universel.
Dès les années 1990, l’artiste photographie les plus anciens maîtres de la culture gnawa. Héritière de traditions africaines, arabes et amazighes, cette culture spirituelle et musicale est aujourd’hui reconnue au Maroc comme un symbole de diversité et de résistance culturelle. Hajjaj en fait les héros d’une contre-culture, loin de tout folklore de carte postale.
Hassan Hajjaj, My Rock Stars, à la Philharmonie de Paris, Cité de la musique, 221 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027. Tarifs : de 6 à 12 €. Plus d’informations ici.
